Mon petit train miniature
L’histoire a commencé en octobre 2010. A cette époque j’avais pratiquement terminé la réhabilitation de mon jardin et les journées d’hiver s’annonçaient longues et pénibles pour le récent retraité. Comme d’habitude, je surfais sur internet sans trouver de sujet qui me passionne mais je ne me voyais pas continuer certaines journées à disputer des parties de bridge interminables sur cet ordinateur, qui marche quand il veut. Alors je cherchais… Je suis tombé sur un logiciel de construction de réseau de trains miniature baptisé Anyrail. Un essai sur la version de démonstration et je me suis piqué au jeu. J’ai acheté la version complète pour 39 € sans savoir, d’ailleurs, que je pourrais la récupérer plus tard à moindre frais sur un DVD associé à une revue spécialisée. Ce qui suit est l’histoire de ce réseau.
J’ai d’abord consulté tous les sites existants et visité des revendeurs spécialisés pour prendre les conseils nécessaires pour un néophyte et j’ai cherché à répondre aux questions légitimes qu’ils m’exposaient pour savoir ce que j’allais faire :
1) Qu’est ce que je cherche ? Réponse : une occupation ludique
2) Un réseau pour quoi faire ? Réponse : pour commander ou diriger des trains pas pour faire du modélisme ou de la maquette.
3) Quelle échelle choisir ? Réponse : après de nombreux essais de plans de réseaux, il m’a semblé que l’échelle N était la plus adaptée à la complexité de que j’envisageais. De plus le matériel est très léger et ne demande pas de structures lourdes. Mais il restait un problème : étais-je encore capable de manipuler des objets aussi petits. La difficulté des câblages et raccordements électriques me faisait peur : il faudrait donc faire des essais.
4) Quel automatisme ? J’ai vite compris que l’analogique était dépassé et qu’il valait mieux passer directement au digital (malgré le prix) mais la structure professionnelle de ce marché ne m’a pas incité à la confiance. Pourtant certains arrivent à réaliser des projets qui sont conformes à ce que je souhaite. Réponse : digital d’entrée.
5) Quel période ferroviaire ? Franchement cela ne m’intéresse pas, pas plus que l’aspect maquette du modélisme ferroviaire. On essayera donc de faire au plus simple pour la réalisation matérielle quitte à avoir la complexité sur les automatismes et les commandes.
6) Quelles voies ? Il ya de nombreuses marques et je sais que certains mélangent les fournisseurs (question de budget) mais je préférais un fournisseur ayant (à ce jour) pignon sur rue pour la continuité dans les approvisionnements car j’avais conscience qu’u tel projet s’étalerait sur des mois voire des années. J’ai retenu des voies ballastées pour la simplification de la réalisation. Fleischmann ayant un catalogue très bien fait et de nombreux distributeurs, j’ai retenu leur système de voies « Piccolo ».
Et maintenant … il faut se lancer.
Evidemment je n’ai pas voulu commencer par réaliser l’ambitieux projet dessiné sur Anyrail. Celui-ci comprenait :
- une grande boucle grande vitesse à deux voies parallèles, rigoureusement à plat, reliée par un triangle de retournement à une gare terminale.
- un réseau secondaire à voie double ou unique, au niveau supérieur, relié à la gare terminale par un viaduc
- une voie unique de liaison technique entre une « forêt » et une « usine »
- des voies de garage et stationnement, des voies de garage (en surface) et une plaque tournante pour stockage de locomotives reliés aux deux réseaux par des triangles permettant de faire circuler les machines dans n’importe quel sens.
Dans le schéma ci-contre les couleurs symbolisent des altitudes différentes. Deux zones vides (en blanc) sont destinées à l’accessibilité et pourraient être camouflées sous des superstructures amovibles. La largeur ne dépasse pas 1100 mm pour pouvoir accéder aux zones près des murs. C’est la distance maximum que mes bras me permettent d’atteindre !
Inutile de dépenser bêtement si je ne suis pas capable de mener le projet à son terme. Qui va « piano va sano ». J’ai donc progressivement réduit mon projet initial en veillant à ce que ce qui serait réalisé ne soit jamais incompatible avec le but final : plusieurs trains fonctionnant en automatique et d’autres en manuel. Bref, ne pas compromettre, par des choix intempestifs, l’avenir du projet. Je n’aurais jamais le courage de tout recommencer à zéro.
A) Implantation et choix des supports (début novembre 2010)
J’ai retenu mon sous-sol qui me donnait à la fois la place nécessaire, un environnement sain (chauffé et hors poussière : le local est entièrement lambrissé, le sol est hors ciment ; c’est l’ancienne salle de jeux des enfants). Comme j’ai fait le choix de ne pas avoir un réseau démontable et non destiné à des expositions extérieures ailleurs, je pouvais concevoir un montage en dur, même si un démontage partiel, pour des raisons techniques reste possible. Reste à prévoir l’accessibilité pour le câblage des automatismes ultérieurs, c’est pourquoi j’ai choisi d’avoir un niveau « 0 » situé à 95 cm du sol pour me laisser la place de travailler par en-dessous.
Etant donnée la place dont je dispose j’ai fait le choix de ne pas avoir de structures superposées type gare souterraine. Je peux donc réaliser les plateaux successifs un par un pour créer la grande ligne puis ultérieurement équiper les zones centrales des plateaux.
Traditionnellement ces réseaux miniatures sont réalisés à base de plaques de contre-plaqués, mises en forme (dimensions et hauteur), sur lesquelles sont fixées les voies. Ils comprennent tout un ensemble de structures en tasseaux pour réaliser les géométries recherchées. Cela m’a semblé trop complexe et nécessitant un travail d’assemblage trop lourd.
J’ai utilisé des plaques de polystyrène extrudé que l’on trouve dans le commerce pour faire de l’isolation thermique. Ces plaques existent en panneau de 0,60 m x 1,25 (ce qui rentre dans la voiture pour le transport) avec un système de rainures/encastrement pour l’ajustage entre elles. Les épaisseurs disponibles sont 60, 40 et 20 mm et elles coûtent, selon modèle et revendeur de 4 à 7 €. Ceci permet d’envisager facilement des encastrements voire des tunnels (gabarit du N : 32 mm + pantographes) car le matériau est très facile à modeler. Les différentes hauteurs du réseau seront obtenues par superposition de plaques dont les extrémités peuvent être facilement travaillées (lime, râpe, mini-fraiseuse type Drumel) pour réaliser les reliefs.
L’intérêt est leur légèreté mais elles ne sont quand même pas suffisamment rigides (même en 60 mm d’épaisseur) pour être utilisées telles quelles. Je les ai donc collées sur une plaque de contreplaqué de 3 mm (colle gel néoprène) et j’ai renforcé le premier plateau de 1380 x 1050 mm avec des tasseaux vissés et collés à 250 mm du bord. Des cornières métalliques fixées au mur et deux pieds réglables en hauteur pour ajuster la planéité du tout. Les pieds proviennent de chez IKEA (12,50 € pièce) et ont une large spatule de support.
Malheureusement ces plaques industrielles n’ont pas des cotes très fiables et il subsistait des différences de niveaux appréciables (1mm). J’ai donc rempli de colle blanche les zones d’ajustement puis poncé la surface avec une ponceuse à plaque vibrante. Le résultat est correct (avant essai avec des rails) et j’ai toujours la possibilité de coller dessus du rouleau de liège de 2 mm sur tout ou partie de la surface pour améliorer la stabilité des voies qui seront ensuite collées. Un inconvénient est la poussière de polystyrène qui colle facilement partout. Il faut donc de prévoir de réaliser la taille, les ajustements et le ponçage dans un autre local. Peut-être faudra-t-il prévoir un encollage total (notamment les flans des plaques) pour régler ce problème, une fois la réalisation de cette partie terminée.
Et maintenant il ne manque plus qu’un train. J’ai commandé sur internet un coffret Fleischmann « set de départ digital » (370 €) pour avoir des rails, un train, deux aiguillages et une commande digitale. Pour un premier essai je voulais absolument du matériel neuf ne nécessitant aucun bricolage : il y a suffisamment d’autres choses à mettre au point avant de continuer… éventuellement ! J’ai choisi une machine à vapeur pour ne pas avoir dès le début à résoudre le problème des caténaires. Par la suite, on verra, mais je me vois bien uniquement avec des locos diesel ou à vapeur.
B) 1° essai
Les objectifs sont les suivants :
- Se familiariser avec la petite taille du matériel
- Monter le premier ovale (test des éclisses, du branchement électrique)
- Vérifier la possibilité d’installer les rails directement sur le plateau ou la nécessité d’intercaler une épaisseur de liège
- Apprendre à se servir de la commande digitale
Première bonne surprise : le coffret est arrivé le 25 Novembre alors que je doutais un peu de la fiabilité du fournisseur. Le matériel est vraiment petit et je n’ai pas réussi à mettre la loco sur ses rails sans l’aide de l’accessoire idoine prévu dans le coffret. Remettre le matériel en place en cas de déraillement accidentel, évidemment à l’endroit le moins accessible, risque d’être du sport…
Deuxième, moins bonne, surprise : l’assemblage de deux simples rails droits montre qu’il existe un jeu important au niveau des éclisses qui ne garantit pas la rectitude de la voie (quand on connait la précision du logiciel pour l’ajustement des rails, il y a de quoi rester perplexe !). Il faudra donc être très sensible à l’ajustage de tous ces rails pour éviter toute déformation parasite des voies. Je commence à comprendre l’intérêt de la qualité des éclisses : à voir par la suite ; d’autant plus que les évolutions du réseau nécessiteront la mise en place d’éclisses isolantes pour la matérialisation des cantons, à moins que je n’aie pas tout compris. Je comprends également pourquoi, même à l’échelle N, les passionnés fixent leurs rails de façon solide.
Première déception : le raccordement électrique des voies. Le coffret ne comprend pas de rails de connexion mais simplement des griffes très fragiles et un raccordement des fils par pincement. Cela va être délicat pour les premiers essais.
Autre constatation : je ne vois pas assez clair ! Tout est tellement petit qu’il faut que j’améliore l’éclairage de ce local, certes suffisant pour y passer une soirée entre copains mais pas pour monter un réseau miniature. Comme je n’ai pas l’intention de démonter mes lambris pour passer des fils, cela serait fait en apparent avec toute une série de spots à leds haute puissance comme j’en utilise par ailleurs. A faire avant tout autre chose…
Enfin je constate que la hauteur du plateau (96 cm) n’est pas un handicap pour surveiller tout le réseau. Tout au plus faudra-t-il peut être installer une estrade dans le point central de la pièce pour supporter les pupitres de commande : enfin quelle que chose à ne pas revoir.
Après quelques manipulations des objets, j’ai réalisé le premier ovale du réseau de départ avec quelques difficultés liées à la taille des éclisses et à la faible luminosité. Un essai de parcours manuel avec une voiture longue à boggie révèle que ça passe sans déraillement, malgré les rayons de courbure, trop serrés à mon goût. Toujours les mêmes doutes quant à la géométrie des voies qui se comportent bien, toutefois, sur le polystyrène (pas de glissement intempestif). Pour l’instant je ne vois pas la nécessité d’intercaler du liège ; quand il faudra les poser sur des profils en pente taillés dans la masse, mon point de vue sera sans doute différent.
Pour ce qui est de la commande digitale, je m’aperçois vite que ce circuit de départ ne permet pas d‘en apprécier les fonctionnalités. Je manœuvre ma loco sans problème, j’ai réussi à allumer ses phares avant mais cela s’arrête là (les autres fonctions ?). La manipulation des aiguillages et des rails de détèlement en manuel s’avère délicate et fastidieuse : il faut arrêter le train avant chaque opération pour être sûr que tout va bien se passer. Je ne parle pas de la notice d’utilisation de la « Profi-boss » inexistante ou de celle de la loco DCC tout à fait abscons et incomplète pour un néophyte ; avec la peur que des manipulations intempestives ne corrompent la programmation initiale. Or je n’ai pas trouvé de « reset » permettant de revenir à la configuration d’origine. A quoi peuvent donc servir toutes ses touches ? La lecture de l’article de « GP » paru dans le « Loco-Revue » de 2009 ne m’a pas semblé plus explicite. Finalement je range tout le matériel, sauf les rails (je vais faire des essais de pente), dans sa boite de départ pour le mettre à l’abri de la poussière.
Pour tester correctement cette commande digitale il me faut :
- Des commandes électriques pour aiguillage et rails de détèlement (soit 2 kits) et je me demande comment les câbler. Je n’ai trouvé nulle part quels types de câbles utiliser. Bien sûr cela parait aberrant pour un amateur chevronné mais pas pour un débutant.
- Une seconde machine toute équipée DCC (je ne me vois pas câbler un décodeur moi-même sur une machine !)
A voir, quand les finances le permettront, pour tester la commande digitale et l’encastrement des commandes de voies. En attendant reste à régler l’éclairage et l’isolation thermique du local annexe où je compte faire les travaux d’essai sur les plaques de polystyrène ; cela va m’occuper quelques semaines.
C) 1° réseau complexe
D) Première extension
E) Réalisation de la grande boucle grande vitesse
F) La suite
A votre disposition pour les images.
Eric